Les circuits courts en zone urbaine, vers une ville durable?

Les circuits courts dans l’alimentaire connaissent depuis plusieurs années un succès grandissant auprès des consommateurs. Ces fameux circuits courts consistent à supprimer ou réduire les intermédiaires entre le producteur et le consommateur. Caprice de bourgeois en manque d’authenticité ou une démarche sincère? Bref état des lieux. Etienne Sauze.

un exemple de jardin collectif dans le Xe arrondissement de Paris. "Le poireau agile".

Circuits courts, Quésako?

Depuis l’industrialisation, l’exode rural et la chute du nombre de travailleurs du secteur primaire, un véritable fossé s’est creusé entre producteurs et consommateurs, la vente n’est désormais plus directe et loin de là, on ne compte plus les intermédiaires ou le nombre de kilomètres qui séparent le producteur du consommateur.Ils existent pourtant depuis toujours, faire du troc ou aller au marché est bien souvent synonyme de circuit court, se fournir directement à la ferme est aussi un circuit court. Enquête auprès de trois phénomènes de développement urbain, les AMAP, les jardins collectifs et les magasins de producteurs. Mon premier est le plus populaire des trois, mon second une forme d’ « agriculture » pratiquée par des urbains, mon dernier s’intègre extrêmement bien dans les modes de consommations urbaines actuelles et mon tout est l’image d’une dynamique nouvelle.

L’AMAP, les jardins collectifs, et les magasins de producteurs.

Les AMAP sont aujourd’hui relativement bien répandues en milieu rural comme urbain, elle étaient au nombre de 750  en france en 2007 et ce chiffre ne cesse d’augmenter. Une AMAP est une « Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne », elle crée un lien direct et régulier entre le producteur et le consommateur, qui accepte de voir l’offre varier en fonction des saisons et des récoltes. L’AMAP garantie une proximité géographique mais aussi sociale aux consommateurs. Elle  propose des paniers de produits alimentaires en tout genres issus souvent de l’agriculture biologique et le consommateur va alors directement chez le producteur pour se fournir. Ce système, qui innove de part son mode de fonctionnement ne diffère finalement pas trop d’un marché classique ou l’on peut directement s’adresser aux producteurs pour s’informer de l’origine des produits et créer un lien avec eux. Les AMAP ne changent en rien l’aménagement urbain car elle n’ont besoin de rien en termes d’installations publiques.

Ce qui n’est pas le cas de notre deuxième sujet d’étude, les jardins « collectifs ». En réalité il existe une multitude de noms,  « familiaux », « ouvriers », de « quartiers » ou encore « communautaires », ils relèvent tous de la même graine. Le principe est simple: amener l’agriculture à la ville sans agriculteurs! Ces jardins sont nés dans les années 80 dans la ville de Chicago, au moment ou les friches industrielles poussaient aussi bien que les usines à Taïwan… La gestion est généralement confiée à une association loi 1901, avec un animateur qualifié responsable de la parcelle. Les habitants de ces quartiers se réapproprient alors ces friches et les exploitent pour cultiver leur propres fruits et légumes. Ces parcelles ont fait progressivement une percée en France, notamment dans la région parisienne où la coopération des mairies d’arrondissement, comme celle du XXe arrondissement de Paris, favorisent l’implantation de ces jardins sur des toits, des parcelles d’Hôpitaux ou encore sur d’anciens réseaux ferrés. D’une impulsion citoyenne, ces jardins font de plus en plus l’objet d’un intérêt des acteurs publics car c’est aussi l’occasion de « végétaliser »  la ville, de recréer du lien social à l’intérieur même d’un quartier. En effet, en ville notre voisin est bien souvent le plus grand des inconnus et ce système de jardins, en plus de faire participer, d’ éduquer les enfants à la culture, ou amener de la vie dans las quartiers, ils refaçonnent la perception d’un quartier par ses habitants, et en cela, les jardins ont tout d’innovant.

Dernier volet de notre article sur les circuits courts en ville, c’est l’implantation de véritable magasins de producteurs qui squeezent les intermédiaires. Encore peu répendus sur le teritoires et surtout peu connus, ces magasins poussent pourtant un peu partout en France. Ils s’installent en zones industrielles, ils ont l’aspect d’une grande surface, les caissières d’une grande surface, les produits d’une grande surface, mais C’EST une grande surface! La aussi le principe est simple: des producteurs de différents horizons (légumes, fruits, viandes, fromages, conserves, vins…) se regroupent et construisent un magasin afin que le consommateur dispose d’un maximum de choix. comme à Carrefour, le client trouvera un rayon crémerie, un charcuterie, ou encore un rayon viticole pour les régions productrices. Le but étant bien évidemment la rémunération des producteurs locaux, les profits leurs vont directement et ils assurent ainsi une présence par roulement dans leur magasin. Bien sur, ce supermarché 2.0 n’offre pas tous les services de Carrefour and Co, mais ils forment un mix original entre la présence des producteurs typique des marchés fermiers et l’efficacité, l’accessibilité et la simplicité de faire ses courses pour le client. Ces magasins progressent peu à peu, et comme le dit celui des Pont de Cé dans le Maine et Loire (49) ils sont l’image d’une volonté croissante de « consommer autrement ».

Entre impasse écologique et solutions proposées, entre effet de mode et nécessité d’adaptation, sommes nous prêt à repenser l’aménagement urbain de façon durable? quelle vie-lle pour demain?

Ci dessus, une vidéo montrant une initiative de jardin collectif à Montréal au Québec, tournée à l’occasion de la promotion de l’année de la biodiversité en 2010, sensibles de l’accent québecquois s’abstenir.

Publicités
Tagué , , ,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :